Je devrais bien dormir #32

Posted by

En pleine forme sur le Tour de Suisse, mais déçu de ne pas avoir remporté cette victoire qui lui échappait en 2012, Jérémy Roy devrait être à l’affût cette semaine aux championnats de France.

Au cours de la première nuit, j’ai continué à méditer sur cette dernière étape du Tour de Suisse et sur cette victoire qui m’échappe dans les 100 derniers mètres contre Kangert. Et dans mes rêves, il m’a fallu remporter une dizaine de fois, c’est étrange, n’est-ce pas? Cette nuit, ma nuit a déjà été plus calme. Je me suis rendu compte de toutes les erreurs que j’avais commises. Il se peut que je n’aurais pas dû commencer le sprint en tête. Il a réussi à me débarrasser aisément. Cependant, je dois admettre avoir subi une bataille, il était probablement plus frais que moi.

Deux jours après la conclusion du Tour de Suisse, je tente de réfléchir au bilan positif de la semaine. Je suis en train de gagner en force depuis environ cinq à six semaines. Même si je ne parviens pas à rester avec le groupe des meilleurs lors des arrivées au sommet, je me débrouille bien en montagne. Dans ce cas-là, je restreint les dégâts. La semaine a également été marquée par le contre-la-montre de 34 km où j’ai terminé à 25 secondes de la victoire, à 23 secondes seulement de Cancellara. Durant l’exercice, j’avais déjà quelques références (11e à Pauillac au Tour 2010, 3e d’un prologue du Tour de Romandie), mais cela confirme l’entraînement intense que je fais, en particulier les sorties.

Deux sprinteurs très talentueux, Arnaud Démare et Nacer Bouhanni, font partie de l’équipe, mais nous ne pourrons pas maîtriser la course en ligne des championnats de France sur 260 km.Pour le contre-la-montre des championnats de France de Saint-Amand-les-Eaux, jeudi, je ne suis pas le favori : il y a tout de même quelques très bons spécialistes tels que Sylvain Chavanel et Laszlo Bodrogi, voire même Tony Gallopin. Le parcours était plutôt difficile au Tour de Suisse, avec deux longues bosses, tandis que dans le Nord, il est annoncé tout plat. Jeudi, le temps prévoit de la pluie et du vent, ce qui pourrait rendre l’épreuve plus difficile. Personnellement, j’attends de voir comment je me remets de ma semaine sans me fixer d’objectif : il y a deux ans, j’avais battu Chavanel au chrono du Tour de Suisse et j’avais senti une légère pression.

L’équipe sera également soumise à une forte pression dimanche pour la course en ligne. Chacun prétend qu’il s’agira d’une arrivée au sprint, mais il sera d’autant plus difficile d’imposer ce scénario. Parmi les sprinteurs de l’équipe, Arnaud Démare et Nacer Bouhanni, nous ne serons pas en mesure de maîtriser la course pendant 260 km si les autres cherchent à éviter une arrivée massive. La stratégie sera déterminée lors du briefing de l’équipe samedi soir, mais je peux avoir diverses responsabilités : animer la course au départ ou à la dernière heure, ou ralentir les échappés. Il est indéniable que je ne ferai pas de faute dans le dernier kilomètre et je ne serai pas le dernier relayeur. Quoi qu’il en soit, après 260 km, je devrais trouver un bon sommeil.